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À partir de quand la parole d’un administrateur devient-elle institutionnelle?

L’actualité récente rappelle une distinction essentielle en matière de gouvernance. Le cas de l’appui public de Régine Laurent à un candidat à la chefferie de Coalition Avenir Québec, alors qu’elle siège au conseil d’administration de Santé Québec, illustre un enjeu central de gouvernance. Indépendamment de cette situation particulière, plusieurs principes structurants de la gouvernance publique méritent d’être mis en exergue.
Un administrateur conserve ses convictions citoyennes.
Toutefois, dès lors qu’il exerce une fonction publique, sa parole n’est rarement perçue comme strictement personnelle.
Dans l’espace public, le rôle précède souvent l’individu.
L’autorité symbolique attachée au rôle en façonne la perception extérieure, même lorsque l’expression se veut personnelle.
C’est précisément pour cette raison que les règles de gouvernance et d’éthique visent à préserver l’indépendance, à soutenir l’impartialité perçue et à maintenir la confiance du public.
Le devoir d’agir avec prudence et diligence ne se limite pas aux décisions du conseil d’administration. Il s’étend également à la manière dont l’administrateur exerce son rôle dans l’espace public.
Ces devoirs et principes n’interdisent pas l’opinion.
Ils encadrent son expression afin de préserver la légitimité institutionnelle.
Pour les administrateurs, la gouvernance commence souvent là :
au moment où l’on accepte que le rôle engage, même en dehors de la salle du conseil d’administration. 

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